Association

Vision et engagement

L’Affaire TourneRêve est une association de 15 productrices et producteurs qui tentent de penser leur métier un peu différemment.

Ils rêvent de jeter des ponts entre citoyens de villes et citoyens des campagnes ; de créer autour de l’alimentation un débat visant à tisser des liens organiques et non purement commerciaux entre consommateurs et producteurs.

Ils veulent penser le territoire en termes d’interdépendance, de solidarité et de proximité.
Ils sont persuadés que l’agriculture est l’affaire de tous, que sa définition et ses objectifs ne sauraient dépendre de décisions imposées par la globalisation du marché au détriment de critères de proximité et de durabilité.

Ils osent croire qu’un autre monde est possible et qu’il existe une manière de produire une nourriture quotidienne à l’écart des conflits commerciaux qui agitent le marché, qu’il soit global ou lié à la grande distribution.

Actuellement 1400 ménages souscrivent chaque année un contrat et des liens se font avec des cuisines, collectivités et points de vente.

Les membres de l’Association TourneRêve se réunissent autour d’une vision de l’agriculture, qui peut se résumer à travers les points suivants :

 

Une agriculture de proximité

L’agriculture de proximité c’est la volonté de rapprocher le monde de la production et celui de la consommation. La transparence des prix est une des nécessités pour permettre que cette relation se vive sous forme de coopération.

L’agriculture de proximité recherche entre autres à diminuer le transport et permet aux petites entreprises qui nous entourent de continuer leurs activités.

Par exemple, à l’achat d’un contrat TourneRêve d’une valeur de 175 CHF, 117.80 rémunèrent les paysans pour leur travail de production et de gestion de projet. 45CHF rémunèrent des travaux de transformation de petites entreprises familiales ou sociales et 10.40 CHF reviennent à de grandes entreprises. 1% de la valeur du panier soutient le travail de défense professionnelle du syndicat Uniterre.

Une agriculture contractuelle

L’agriculture contractuelle : la nécessité de soustraire l’agriculture à la seule loi du marché, et de la soumettre à des accords entre le monde de la production et de la consommation (quantité, qualité, prix, temps de travail, etc.).

Ce n’est plus un produit qui est vendu, mais un mandat qui est donné pour la production, le conditionnement et la commercialisation des aliments.

Le contrat engage le consommateur et le producteur autour d’aliments définis qui se veulent être le produit d’une terre, le résultat du travail et l’objet d’appréciations gustatives. Il nous rappelle l’origine de notre alimentation et met en évidence la vraie valeur de cette dernière.

Pour les producteurs, il permet non seulement d’assurer l’écoulement des produits une fois cultivés, mais aussi de rassembler suffisamment de consommateurs pour permettre la transformation des produits : les moulins sont contraints de travailler des volumes de marchandises correspondant aux capacités de leurs machines. Nous devons donc fournir des quantités correspondantes sans quoi ils ne peuvent pas faire le travail ou sont contraints de les compléter avec d’autres stocks. Ainsi, il faudra, par exemple, au moins 1.2 tonnes d’orge pour la floconner. Si l’on compte sur rendement de 70%, il faudra alors 1500 consommateurs pour se partager le résultat en paquets de 500g.

C’est ensemble, consommateurs et producteurs, que nous pouvons maintenir la production locale d’aliments de base issus de nos céréales.

A travers Uniterre s’est créée en Suisse Romande une plateforme de l’agriculture contractuelle, qui réunit les acteurs des différentes expériences alternative, et à laquelle l’Affaire TourneRêve participe. Elle a donné naissance en 2008 à une Fédération romande pour l’agriculture contractuelle de proximité (FRACP). 

 Une agriculture qui est l’affaire de toutes et tous

La conscience que l’agriculture n’est pas une marchandise comme des clous. Elle est affaire de vie, de culture, de sécurité, de développement rural et urbain, etc. Elle doit donc être transformée suivant les intérêts de l’ensemble de la population et non pas uniquement suivant des accords économiques et financiers passés entre les grandes puissances de ce monde.

Pour une agriculture indépendante des guerres commerciales

La libéralisation des marchés agricoles imposée par les accords commerciaux de l’OMC engendre des situations très critiques pour les agricultures du monde entier. Toutes se retrouvent en situation de concurrence alors qu’elles sont liées à des conditions de production particulières qui leur sont propre parce que dépendantes de la terre et donc d’une région sans possibilité de délocaliser.

Cette compétition internationale entre paysan, prônée à coup d’accords libres-échangistes par quelques puissants lobbies agroalimentaires et agrochimiques, favorise le productivisme agricole axé sur l’exportation, une surproduction mondiale et donc un prix mondial unique et particulièrement bas, fluctuant selon les marchés boursiers.

Dans un tel système, il devient donc financièrement intéressant de se fournir en blé au prix du marché mondial et de vendre le pain sur les marchés nationaux le plus cher possible, en laissant aux Etats (et donc aux contribuables) le soin de payer la facture environnementale liée entre autres aux transports et de rémunérer les paysans locaux sous la forme de paiements directs pour des prestations rendues à la société (surface de compensation écologiques, occupation décentralisée, entretien du territoire, etc.)

Aujourd’hui plus une agriculture au monde n’arrive à vivre uniquement de la vente de ses produits à contrario des différents acteurs de la filière agroalimentaire qui n’ont jamais fait autant de bénéfices.

Cette situation favorise la réflexion au sein des milieux syndicalistes agricoles du monde entier, regroupés sous le nom de « La Via Campesina ». En 1996, cette organisation élabore le concept de la souveraineté alimentaire et le dépose à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) (mettre le lien : http://www.fao.org/home/fr/).

TourneRêve, c’est donc reconnaître les principes de la souveraineté alimentaire qui est un droit attribué aux populations de définir une politique alimentaire sans dumping vis-à-vis des pays tiers.

 Vous voulez faire partie du comité ?

Le Comité de l’association se réunit plusieurs fois par an. Il se compose l’ensemble des producteurs de l’association, ainsi que quelques consommateurs, et d’Uniterre (autre syndicat directement identifié avec la souveraineté alimentaire). Contactez-nous si vous souhaitez nous rejoindre.

 

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